Tour du monde des superstitions les plus surprenantes

Aujourd'hui je passe la main à

Les superstitions font partie de notre quotidien, et ce, même si l'on n'est pas très superstitieux soi-même. Toucher du bois avant un évènement important, ou bien simplement dire "je touche du bois". Éviter de passer sous une échelle. Ou encore chercher un trèfle à quatre feuilles. Tous ces gestes sont en réalité hérités d'anciennes croyances. Certains les considèrent comme de simples traditions, mais d'autres leur accordent une vraie importance.

Évidemment, ce type de croyances ne se limite à notre culture et à notre pays. Les superstitions dans le monde sont aussi nombreuses que fascinantes. Lorsque vous voyagez, elles permettent parfois de mieux comprendre certaines cultures. En effet, derrière chacune d'elles se cache une anecdote, une légende ou un symbole. Dans cet article, je vous emmène pour un tour du monde des superstitions.

Pourquoi sommes-nous superstitieux ?

D'où viennent réellement les superstitions ? Pourquoi certains objets, certains animaux ou certains nombres sont-ils associés à la chance ou au contraire au malheur ? Et pourquoi y croyons-nous ? Ces croyances peuvent parfois sembler irrationnelles aujourd'hui, mais elles sont présentes depuis très longtemps, des siècles voire des millénaires.

Les hommes ont toujours cherché à comprendre le monde qui les entourait. Et cela, bien avant que la science n'explique les phénomènes naturels, comme les éclipses, les tempêtes ou encore les maladies. Certaines observations se sont tout simplement transformées en croyances populaires, même si elles étaient liées à des coïncidences. Au fil du temps et des générations, elles se sont transmises, jusqu'à devenir de véritables coutumes.

Elles remplissent aussi un rôle psychologique, d'une certaine façon. Elles donnent l'impression aux gens de reprendre le contrôle face au hasard. Avoir un porte-bonheur ou éviter certains gestes n'a peut-être aucun effet réellement prouvé, mais ils peuvent rassurer.

Lorsque l'on voyage, les superstitions permettent de découvrir une culture sous un autre regard. Les connaître permet parfois d'éviter quelques impairs, mais aussi parfois de mieux comprendre les traditions locales. Car au-delà même de l'aspect parfois insolite d'une croyance, elle reflète les peurs et les espoirs d'une population...

Les superstitions les plus surprenantes à travers le monde

Chine : pourquoi le chiffre 4 porte-t-il malheur ?

En Chine, le chiffre 4 est un chiffre très redouté. Cela est dû à sa prononciation en mandarin, qui se rapproche beaucoup du mot "mort". Cette ressemblance sonore suffit à en faire un nombre que l'on évite quotidiennement. Dans certains immeubles par exemple, il n'y a parfois pas de quatrième étage. À l'inverse, le chiffre 8, quant à lui, évoque la prospérité et la richesse.

Si vous voyagez en Chine, cette superstition est assez intéressante. Ouvrez l'œil dans les hôtels, les ascenseurs ou les immeubles : vous remarquerez peut-être que le chiffre 4 disparaît parfois de la numérotation.

Japon : ne plantez jamais vos baguettes dans le riz

Au Japon, au-delà de leurs rôles de couverts, les baguettes sont entourées de règles de politesse. Parmi elles, l'une des plus connues consiste à ne jamais planter ses baguettes à la verticale dans un bol de riz. Bien que ce geste puisse sembler complètement anodin, il est en fait associé à des rites funéraires. Lors des cérémonies en hommage aux défunts, du riz peut être présenté avec des baguettes plantées verticalement. Donc, reproduire ce geste à table peut rappeler la mort et peut porter malheur.

En voyage au Japon, privilégiez le repose-baguettes prévu à cet effet pour poser vos baguettes. Planter ses baguettes dans le riz peut être considéré très impoli, surtout si vous partagez un repas avec des Japonais. Voilà le genre de détail auquel on ne pense pas forcément avant de partir, mais qui permet de mieux comprendre la culture japonaise et de montrer son respect.

Italie : ne posez jamais un chapeau sur un lit

En Italie, le fait de poser un chapeau sur un lit est considéré comme un mauvais présage. Cette idée serait liée à une ancienne pratique, lorsqu'un prêtre venait au chevet d'une personne mourante, il pouvait poser son chapeau sur le lit. Ce geste est ainsi toujours associé à la maladie et à la mort.

Si vous voyagez en Italie, il est peu probable que vous commettiez cet impair. Il y a même de fortes chances que personne n'y prête attention. Comme beaucoup de superstitions, celle-ci trouve son origine dans une époque bien précise, même si tout le monde n'y croit plus.

Grèce : l'œil bleu protecteur

En Grèce, le mauvais œil est une croyance très répandue. L'idée est qu'un regard trop envieux ou trop insistant pourrait attirer la malchance. On parle souvent de mati, qui désigne à la fois l'œil et une force invisible qui provoque le mauvais sort.

Pour s'en protéger, on fait appel au célèbre œil bleu. Et en Grèce, on le retrouve partout, sur les bracelets, les colliers, les porte-clés, les objets de décoration ou encore dans les maisons. Ce symbole, que l'on croise d'ailleurs aussi en Turquie et dans d'autres régions du bassin méditerranéen, est supposé détourner les mauvaises énergies et protéger celui qui le porte.

Pour un voyageur, c'est l'une des superstitions les plus faciles à observer. Surtout sur les îles grecques, l'œil bleu est partout, y compris dans les boutiques de souvenirs.

L'oeil bleu protecteur en Grèce

Espagne : pourquoi le mardi 13 porte-t-il malheur ?

Dans de nombreux pays, comme la France, le Royaume-Uni ou les États-Unis, le vendredi 13 est considéré comme un jour de malchance. En Espagne, pourtant, ce n'est pas cette date que l'on redoute, mais le mardi 13. Cette tradition est résumée par un proverbe espagnol : "en martes, ni te cases ni te embarques", que l'on traduit par « le mardi, ne te marie pas et ne prends pas la mer ».

Le mardi est traditionnellement associé à Mars, dieu romain de la guerre, ce qui lui donne une connotation un peu inquiétante. Ajouté au nombre 13, chargé de symboles dans de nombreuses cultures, il devient un jour à redouter.

Aujourd'hui, cette croyance est très connue dans le monde hispanophone, même si tout le monde ne la prend pas au sérieux. Pour un voyageur, c'est une superstition amusante à connaître, mais qui ne changera évidemment rien à votre voyage. D'ailleurs, elle n'est pas présente uniquement en Espagne, on la retrouve également en Grèce notamment.

Russie : évitez de complimenter un bébé

En Russie, complimenter un bébé de manière directe pourrait provoquer le mauvais œil. Il est donc déconseillé de dire qu'un enfant est beau, calme ou en bonne santé. Certains préfèrent formuler un compliment de manière indirecte, ou bien ajouter une petite phrase pour éloigner le mauvais sort.

Cette croyance vient du fait qu'un bonheur visible peut susciter l'envie, et ainsi attirer la malchance. C'est une idée que l'on retrouve ailleurs, dans d'autres pays ou d'autres cultures. Mais en Russie, il est vrai qu'elle se traduit de manière assez étonnante.

Ce genre de superstition montre que les croyances populaires touchent aussi à certains moments intimes de la vie quotidienne, comme la famille et la protection des proches.

Turquie : pourquoi ne faut-il pas mâcher de chewing-gum la nuit ?

En Turquie, il existe une superstition assez surprenante qui affirme qu'il ne faut pas mâcher de chewing-gum la nuit. Le chewing-gum ne serait plus un simple bonbon après la tombée du jour, mais se transformerait (symboliquement bien sûr) en chair pourrie.

Il est difficile de savoir d'où provient cette idée, mais dans de nombreuses cultures, la nuit est considérée comme plus inquiétante, liée aux esprits et aux forces invisibles.

En tant que voyageur, cette croyance est plutôt amusante que réellement inquiétante. D'autant qu'elle n'est pas un incontournable à connaître avant un séjour en Turquie. Si d'aventure vous mâchez un chewing-gum après le coucher du soleil, on ne devrait pas vous en tenir rigueur.

Inde : les citrons et les piments pour éloigner le mauvais sort

En Inde, il n'est pas rare de voir un citron accompagnés de plusieurs piments verts, suspendu à l'entrée d'une maison ou d'un commerce. Une amulette originale qui est censée protéger les lieux du mauvais œil ainsi que repousser les énergies négatives.

D'après la tradition, cette amulette permettrait de détourner l'attention de la déesse Alakshmi, associée à la malchance et à la pauvreté. Elle serait tellement attirée par le citron et les piments, qu'elle repartirait sans même entrer dans la maison. Cette croyance relève plus du folklore, mais elle reste présente dans de nombreuses régions d'Inde.

Lors d'un voyage en Inde, vous verrez que ces petits porte-bonheur font partie du paysage et du quotidien. Ils rappellent à quel point les croyances populaires restent présentes dans la vie quotidienne, et ce, même dans les grandes villes.

Les citrons et les piments en Inde

Brésil : pourquoi s'habille-t-on en blanc pour le Nouvel An ?

En passant le Nouvel An au Brésil, vous pourrez remarquer que beaucoup de gens portent des vêtements blancs. Cette pratique est supposée attirer la paix, la chance et la prospérité pour l'année qui vient.

Ce rite vient des religions afro-brésiliennes, où le blanc est associé à la paix et à la purification. Au fil du temps, il s'est répandue et est aujourd'hui suivie par une partie de la population, et ce, quelles que soient leurs croyances religieuses. Certains vont même encore plus loin, en choisissant la couleur de leurs sous-vêtements en fonction de leurs souhaits pour l'année à venir. Le rouge symboliserait l'amour, le jaune la richesse et le vert la santé.

Si vous assistez aux célébrations de Copacabana à Rio de Janeiro, vous pourrez voir une immense foule vêtue presque entièrement de blanc. Pour vous fondre dans la masse, et vivre l'évènement comme les locaux, prévoyez vous aussi une tenue blanche.

Mexique : sortir avec une valise vide pour voyager toute l'année

Toujours pour le Nouvel An, il y a une superstition au Mexique qui veut que l'on sorte de chez soi avec une valise vide juste après les douze coups de minuit. Ce rituel favoriserait les voyages au cours de l'année qui arrive.

Certains font le tour de leur maison, voire du quartier, avec leur valise vide, tandis que d'autres parcourent quelques mètres puis rentrent chez eux. Évidemment, rien ne garantit que cette promenade nocturne remplira le passeport de nouveaux tampons, mais il s'agit d'une coutume très populaire au Mexique.

Pour les passionnés de voyage, difficile de ne pas sourire devant ce rite. Si une petite balade avec une valise pouvait réellement multiplier les aventures, elle serait sans doute adoptée par les voyageurs du monde entier !

Superstition au Mexique

Corée du Sud : le mystérieux « ventilateur de la mort »

En Corée du Sud, il paraît qu'il est dangereux, voire mortel, de dormir dans une pièce fermée avec un ventilateur en marche. Le ventilateur pourrait provoquer une asphyxie, une hypothermie ou encore une baisse dangereuse de la température corporelle.

Aucune étude scientifique n'a démontré un tel risque, mais malgré cela, cette croyance est restée ancrée dans la culture coréenne. De nombreux ventilateurs vendus dans le pays ont une minuterie permettant de s'éteindre automatiquement après un temps défini. Vous me direz que c'est le cas des ventilateurs vendus partout ailleurs... mais ce n'est pas forcément pour les mêmes raisons !

Pour les visiteurs étrangers, cette idée paraît assez étonnante. Mais personne ne vous empêchera de garder votre ventilateur allumé toute la nuit si vous le souhaitez.

Madagascar : ne sifflez pas la nuit

À Madagascar, siffler après la tombée de la nuit peut être considéré comme un mauvais présage. Selon les croyances locales, cela pourrait attirer les mauvais esprits ou perturber les ancêtres.

Cette superstition fait en réalité partie d'un ensemble plus large de traditions appelées fady, des interdits culturels qui varient selon les régions, les familles ou les communautés. Certains concernent des aliments, et d'autres des lieux ou encore des comportements à éviter. Même si les Malgaches ne les suivent pas forcément toutes, ces idées continuent d'occuper encore aujourd'hui une place importante dans la vie quotidienne.

En voyage à Madagascar, il est intéressant de se renseigner en amont sur les fady de la région que vous comptez visiter, ils témoignent du respect accordé aux traditions et aux ancêtres.

Costa Rica : laisser des ciseaux ouverts attire les sorcières

Au Costa Rica, une vieille superstition affirme qu'il ne faut jamais laisser une paire de ciseaux ouverte. Selon cette croyance populaire, cela pourrait attirer les sorcières dans la maison.

Cette idée remonte à une époque où les objets du quotidien avaient tous une forte symbolique. Les ciseaux, avec leurs deux lames croisées, étaient parfois associés à des forces invisibles capables de rompre l'harmonie d'un foyer.

Aujourd'hui, elle est surtout transmise comme une anecdote amusante, il n'est pas certain que vous y soyez confronté.

Finlande : les araignées annoncent le beau temps

Alors que les araignées sont des bêtes souvent peu appréciées, en Finlande, c'est plutôt le contraire. Voir une araignée tisser sa toile annoncerait l'arrivée du beau temps.

Les araignées étant plus actives lorsque les conditions météorologiques sont favorables, elles servaient d'indicateur avant même l'apparition des prévisions modernes.

Et en France : des superstitions que nous connaissons tous...

Après ce tour du monde, il est aussi bon de préciser que la France aussi possède son lot de superstitions. Certaines sont tant ancrées dans notre vie quotidienne que l'on oublie parfois qu'elles sont de simples croyances populaires.

Le chat noir est une des superstitions les plus ancrées dans nos traditions. En France, il est associé à la malchance. Pourtant, elle n'est pas universelle. Au Royaume-Uni ou au Japon par exemple, le chat noir est considéré comme un porte-bonheur.

Passer sous une échelle porterait aussi malheur. Son origine serait à la fois symbolique et pratique. L'échelle appuyée contre un mur forme un triangle, une figure associée à la Sainte Trinité dans la tradition chrétienne. Passer dessous serait vu comme un geste portant atteinte à ce symbole sacré. Ceci étant dit, l'explication la plus concrète est qu'en passant sous une échelle, on risque de recevoir un objet ou de faire tomber la personne qui se trouve dessus. Cette croyance est aujourd'hui répandue dans une grande partie de l'Europe et en Amérique du Nord.

Une autre superstition qui apporterait le malheur est le fait de casser un miroir. On dit que cela attire sept années de malheur. Elle remonterait à l'Antiquité romaine, époque à laquelle les miroirs pouvaient être considérés comme le reflet de l'âme.

Certaines superstitions sont aussi associées à la chance. Le trèfle à quatre feuilles, un symbole d'origine celtique, est recherché dans une grande partie de l'Europe et en Amérique du Nord. Le fer à cheval, suspendu au-dessus d'une porte, est censé protéger la maison et attirer la prospérité. On retrouve cette tradition dans de nombreux pays, en Irlande, en Italie, mais aussi aux États-Unis. Enfin, ils vous arrivent peut-être de toucher du bois avant un évènement important afin de conjurer le mauvais sort. Dans de nombreux pays anglophones, on utilise l'expression knock on wood, qui a exactement la même signification.

Ces superstitions, qu'elles soient liées à la chance, à la protection ou au malheur, montrent que la France a aussi ses propres croyances populaires. Elles racontent un peu de notre histoire, de nos traditions, mais aussi de notre besoin, parfois, de croire qu'un petit geste peut influencer notre destin.

Superstition du trèfle à 4 feuilles

Les superstitions font partie du patrimoine culturel de nombreux pays. Qu'elles soient amusantes, intrigantes ou prises au sérieux, ces coutumes permettent de mieux comprendre les cultures et les sociétés, par la manière dont elles perçoivent la chance, le malheur ou encore l'inconnu.

Rien ne prouve qu'un chat noir, un miroir brisé ou une valise vide puissent vraiment influencer notre destin. Mais toutes ces croyances rappellent que les peuples du monde entier partagent depuis des siècles le même besoin de donner du sens à l'inconnu.

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