Les merveilles du monde, entre mythes, histoire et voyages

Aujourd'hui je passe la main à

Certains lieux fascinent, et ce, depuis l'Antiquité. Temples monumentaux, cités disparues, constructions défiant les lois de la nature... ces sites d'exception ont peu à peu été regroupés sous un nom devenu mythique : les merveilles du monde. Elles racontent à la fois notre rapport à l'histoire, à la beauté et au voyage, mais aussi notre besoin de nommer l'extraordinaire. Dans cet article, je vous emmène à travers le temps et les continents, à la découverte des merveilles du monde antique et du monde moderne...

L’origine des merveilles du monde

L'idée de lister les beautés du monde ne date pas d'hier... Dans la Grèce antique, les voyageurs et philosophes grecs ont commencé à parcourir le monde méditerranéen, découvrant des monuments construits par d'autres civilisations. Au départ, ils parlent de "theamata", qui signifie littéralement "choses à voir" en grec.

Philon de Byzance, érudit grec ayant vécu entre le IIIe et le IIe siècle avant J.-C., occupe une place centrale dans la naissance du concept des merveilles du monde. Il est l'auteur de l'ouvrage "Sur les sept merveilles du monde", l'un des plus anciens textes à les évoquer explicitement. Mais Philon de Byzance ne se contente pas d'en dresser la liste. Il explique aussi ce qui les rend dignes d'admiration : leur taille, leur ingéniosité technique ou encore l'audace de leur construction. Un guide de voyage avant l'heure.

Et pourquoi 7 ? Dans la Grèce antique, le chiffre 7 représente la perfection et l'harmonie. La liste des 7 merveilles du monde ne se voulait pas exhaustive, mais symbolique, réunissant ce que les Grecs considéraient comme le summum du génie humain. Car oui, les merveilles du monde ne sont pas des merveilles de la nature, mais des oeuvres construites par l'homme.

Les merveilles du monde sont définies par leur taille ou leur technicité impressionnante, leur pouvoir politique, religieux ou culturel, et enfin par l'admiration et parfois l'incompréhension suscitées face aux moyens utilisés pour les bâtir.

Avec le temps et la transmission des récits, le mot "theamata" a progressivement été remplacé par "thaúmata", qui signifie "merveilles"... et voilà comment est né l'appellation même des merveilles du monde.

Les sept merveilles du monde antique

La liste des sept merveilles du monde antique a donc été établie pendant l'Antiquité grecque et rassemble des monuments considérés comme les plus impressionnants à l'époque. Elle se concentre dans le bassin méditerranéen, puisque ce sont les territoires que les grecs exploraient à ce moment-là.

La grande pyramide de Gizeh, en Égypte

Commençons par le commencement : la grande pyramide de Gizeh, aussi connue sous le nom de pyramide de Khéops. Elle a été construite il y a plus de 4 500 ans sous le règne du pharaon Khéops. Il s'agit de la plus ancienne des merveilles du monde antique, et la seule encore debout aujourd'hui.

À l'origine, elle mesurait 146 mètres de haut, soit 8 mètres de plus qu'aujourd'hui. Cela s'explique par la disparition du revêtement de calcaire blanc qui l'a recouvrait entièrement et du pyramidion qui coiffait son sommet. Elle n'en demeure pas moins impressionnante. La pyramide de Khéops est restée la plus haute construction humaine pendant près de quatre millénaires. Elle ne fut dépassée qu'au XIVe siècle, lorsque la flèche de la cathédrale de Lincoln, en Angleterre, atteignit environ 160 mètres.

La grande pyramide de Gizeh
Reconstitution artistique de la pyramide de Khéops, basée sur les connaissances archéologiques actuelles.
Illustration générée par intelligence artificielle.

La grande pyramide de Gizeh continue de susciter de nombreuses interrogations sur ses méthodes de construction, plus qu'impressionnantes pour l'époque.

En décembre 2022, j'ai eu la chance de voir les pyramides de Gizeh, dont la pyramide de Khéops, de mes propres yeux. Une expérience totalement incroyable que je ne peux que recommander de vivre une fois.

Pyramides de Gizeh

Les jardins suspendus de Babylone, en Mésopotamie

Les jardins suspendus de Babylone sont sans doute la plus énigmatique des merveilles du monde antique. Ils sont décrits comme une succession de terrasses verdoyantes irriguées par un ingénieux système hydraulique, situés à Babylone, dans l’actuel Irak. Néanmoins, aucun vestige archéologique n'a jamais été identifié. Plusieurs hypothèses ont alors émergées, peut-être que les jardins se situent ailleurs, dans une autre ville, ou peut-être qu'ils n'ont jamais existé. À ce jour, les seuls informations dont nous disposons viennent des descriptions d'auteurs grecs. Selon la légende, les jardins suspendus de Babylone auraient été construits par le roi Nabuchodonosor II pour son épouse.

Reconstitution artistique des Jardins suspendus de Babylone, basée sur les descriptions antiques.
Illustration générée par intelligence artificielle.

La statue de Zeus à Olympie, en Grèce

Réalisée au Ve siècle avant J.-C., la statue de Zeus représentait Zeus, le roi des dieux, assis sur un trône monumental. La statue était gigantesque, elle mesurait environ 12 mètres de haut, et était faite d'or et d'ivoire, une technique appelée chryséléphantine. À l'origine, elle se trouvait à Olympie, mais elle fut transférée à Constantinople, et c'est là qu'elle aurait disparut dans un incendie en 475.

Statue de Zeus à Olympie
Reconstitution artistique de la statue de Zeus à Olympie, basée sur les descriptions antiques.
Illustration générée par intelligence artificielle.

Le temple d’Artémis, en Turquie

À Éphèse, dans l'actuelle Turquie, le temple d'Artémis est l'un des plus grands temples du monde antique. Dédié à la déesse de la chasse et de la fertilité, le temple impressionnait par ses dimensions, près de 140 mètres de long et 72 mètres de large, et par la richesse de ses décorations. Néanmoins, il a connu des destructions, des reconstructions, puis finalement un démantèlement progressif, à l'époque romaine et byzantine. Aujourd'hui, le site a presque entièrement disparu du paysage. Il ne reste que les fondations, quelques blocs épars, ainsi qu'une colonne partiellement reconstituée, dressée au milieu d’un terrain marécageux.

Temple d'Artémis
Reconstitution artistique du temple d'Artémis, basée sur les descriptions antiques.
Illustration générée par intelligence artificielle.

Le mausolée d’Halicarnasse, en Turquie

Tombeau de Mausole, souverain de Carie, le mausolée d’Halicarnasse a été construit au IVe siècle avant J.-C.Il alliait architecture grecque, égyptienne et orientale et se démarquait à la fois par ses décorations et ses dimensions. Le tombeau de Mausole était si impressionnant que le mot "mausolée" est devenu un nom commun et désigne les tombeaux de grande dimension. Il fut détruit progressivement au Moyen-Âge par une série de tremblements de terre.

Mausolée d'Halicarnasse
Reconstitution artistique du mausolée d'Halicarnasse, basée sur les descriptions antiques.
Illustration générée par intelligence artificielle.

Le colosse de Rhodes, en Grèce

Immense statue en bronze de 32 mètres de haut, le colosse de Rhodes représente le Titan Hélios, dieu du Soleil dans la mythologie grecque. La statue est érigée à l'entrée du port de Rhodes, île grecque située dans la mer Égée, au début du IIIe siècle avant J.-C. Bien qu'on place le colosse de Rhodes traditionnellement sur ou près de la Forteresse Saint-Nicolas, à l'entrée du Vieux-Port de la ville de Rhodes, l'emplacement précis reste un mystère à ce jour. On voit parfois des représentation de la statue les jambes écartée enjambant l'entrée du port, mais cette hypothèse a été abandonnée pour des raisons techniques. Le colosse de Rhodes n'exista que peu de temps, puisqu'il semble qu'il se soit effondré au bout de 66 ans seulement suite à un tremblement de terre.

Colosse de Rhodes
Reconstitution artistique du colosse de Rhodes, basée sur les hypothèses les plus couramment admises.
Illustration générée par intelligence artificielle.

Le phare d’Alexandrie, en Égypte

Construit à Alexandrie, sur l'île de Pharos, au IIIe siècle avant J.-C., le phare d'Alexandrie servait à guider les navires entrant dans l'un des ports les plus importants de monde antique. Il a tenu son rôle pendant près de 1 700 ans, jusqu'au XIVe siècle. Sa hauteur estimée entre 100 et 130 mètres, il était preuve d'une prouesse d'ingénierie. Il a été endommagé par plusieurs séismes, avant de s’effondrer au Moyen Âge. Ses ruines reposeraient aujourd’hui au fond de la mer Méditerranée.

Phare d'Alexandrie
Reconstitution artistique du phare d'Alexandrie, basée sur les descriptions antiques.
Illustration générée par intelligence artificielle.

Sur les sept merveilles du monde antique, une seule a traversé les millénaires. Les six autres ne subsistent plus qu’à travers des textes, des représentations et l’imaginaire collectif. C’est sans doute cette disparition presque totale qui contribue à la fascination qu’elles exercent encore aujourd’hui : les merveilles du monde antique sont autant des monuments historiques que des légendes.

Les sept merveilles du monde moderne

Suite à la disparition des merveilles du monde antique, l'idée de rééditer une nouvelle liste a fait surface il y a quelques années. C'est en 2007 que la fondation privée New7Wonders a organisé un vote mondial afin de définir les sept nouvelles merveilles du monde.

Chaque pays avait proposé une cinquantaine de temples et de palais disséminés sur tout son territoire. Le jury, composé d'architectes et présidé par l'ancien directeur de l'UNESCO Federico Mayor, avait alors réduit cette sélection en une liste de 21 sites ou bâtiments, situés dans 21 pays, sur la base de l'esthétique d'une part et l'exploit architectural d'autre part. On y trouvait des monuments datant de l'Antiquité, mais aussi d'autres du XXe siècle. La France avait même son candidat : la Tour Eiffel. C'est ensuite la population mondiale qui a départagé les 21 candidats, en votant sur internet ou par téléphone.

Cette initiative, et notamment le fait qu'il s'agisse d'un vote populaire a parfois été critiquée. Néanmoins, cela a permis de remettre en lumière des sites majeurs du patrimoine mondial et de renouveler l'intérêt pour le concept même de merveilles du monde.

La Grande Muraille de Chine

La Grande Muraille de Chine est l'une des constructions humaines les plus vastes jamais entreprises. Il s'agit d'un ensemble de fortifications, détruites et reconstruites en plusieurs fois et à plusieurs endroits entre le IIIe siècle avant J.-C. et le XVIIe siècle. Elle sert à marquer et défendre la frontière nord du pays. En moyenne, la Grande Muraille de Chine fait 6 à 7 mètres de haut et 4 à 5 mètres de large. Mais c'est sa longueur qui impressionne le plus. La muraille s'étire sur plus de 8 850 km, dont près de 6 260 km de murs, de 360 km de tranchées et de 2 230 km de barrières naturelles, montagnes ou rivières.

Photo : panayota - Pixabay

Petra, en Jordanie

Pétra est une cité nabatéenne, située au sud de l'actuelle Jordanie. Sa position sur la route des caravanes transportant l'encens, les épices et autres produits précieux, est stratégique. La cité abrite, vers l'an 50, à son apogée, jusqu'à 25 000 habitants. Au VIIIe siècle, suite à plusieurs séismes et à la modification des routes commerciales, la ville est abandonnée. De nombreux bâtiments sont taillés directement dans la roche rose du désert jordanien. Mais c'est Al-Khazneh qui impressionne le plus. Le monument se découvre à la suite d'un étroit canyon, qui offre une mise en scène spectaculaire.

Petra
Photo : ChiemSeherin - Pixabay

Le Colisée de Rome, en Italie

Il s'agit du symbole emblématique de la Rome antique : le Colisée. Construit au Ier siècle après J.-C., et nommé amphithéâtre Flavien (amphitheatrum Flavium en latin) à l'origine, est un amphithéâtre qui pouvait accueillir jusqu'à 50 000 spectateurs. Il était utilisé pour des combats de gladiateurs, des combats d'animaux sauvages, des spectacles publics ou encore des reconstitutions de batailles célèbres. Malgré les siècles, les tremblements de terre et les pillages, le Colisée est toujours là et domine la ville de Rome. Il démontre encore la puissance de l'empire romain.

J'ai visité à deux reprises le Colisée de Rome, dont une fois pendant l'été 2020, en pleine épidémie de coronavirus. Et quelle expérience ! Découvrir ce lieu chargé d'histoire et de beauté, en étant seulement une trentaine en tout, c'était incroyable.

Le Colisée

Chichén Itzá, au Mexique

Ancienne cité maya, Chichén Itzá se situe dans la péninsule du Yucatán au Mexique.Il s'agit d'une des plus grandes et plus influentes colonies mayas de son époque. La citée est dominée par la pyramide de Kukulcán, point principal d'intérêt lorsqu'on découvre le site. Cette pyramide est notamment célèbre pour les jeux d'ombre et de lumière qui apparaissent lors des équinoxes. Cela révèle notamment les connaissances astronomiques des Mayas.

Chichen Itza
Photo : laGiuffry - Pixabay

Le Machu Picchu, au Pérou

Situé à plus de 2 400 mètres d'altitude, le Machu Picchu, une ancienne cité inca,est l'un des sites archéologiques les plus impressionnants d'Amérique du Sud. On ignore encore sa fonction exacte, mais on est forcément frappé par la précision de ses constructions et son intégration parfaite dans le paysage.

J'ai atteint le Machu Picchu via le Chemin de l'Inca, en trek. Par ce chemin, on découvre la cité inca pour la première fois à travers la porte du soleil, qui offre une vue imprenable sur le site. Je craignais d'être déçue, à force de l'avoir vu en photo. Et pas du tout... J'ai été véritablement saisie par la beauté du lieu. C'était l'un de mes rêves de voir le Machu Picchu, et je ne peux que recommander de le voir de ses propres yeux.

Machu Picchu

Le Taj Mahal, en Inde

Le Taj Mahal, situé à Agra, en Inde, est un mausolée de marbre blanc construit au XVIIe siècle. C'est l'empereur Shah Jahan qui l'a fait construire en mémoire à son épouse. De par cette histoire, le Taj Mahal est devenu le symbole de l'amour. Le monument combine des éléments d'architecture islamique, iranienne, ottomane et indienne. Il impressionne surtout par l'harmonie parfaite de ses proportions et la finesse de ses décorations.

Photo : yosratawakol - Pixabay

La statue du Christ Rédempteur, au Brésil

Le Christ Rédempteur est une statue du Christ qui domine la ville de Rio de Janeiro au Brésil, se dressant sur le Mont Corcovado. La statue mesure 38 mètres de haut, dont 8 mètres pour le piédestal, et l'envergure entre les deux mains est de 28 mètres. Il est colossal. Il est d'ailleurs l'une des plus grandes statues du Christ au monde.

Statue du Christ Rédempteur
Photo : FlaviaPadula - Pixabay

Contrairement aux merveilles du monde antique, les merveilles du monde moderne sont visitées encore aujourd’hui. Elles ne sont pas seulement des récits, elles sont des lieux vivants.

Des listes imaginées par les savants grecs aux classements votés à l'échelle mondiale, les merveilles du monde racontent avant tout notre fascination pour l'exceptionnel. Ces monuments, qu'ils aient traversé les siècles ou disparu depuis longtemps, témoignent du génie humain et de la volonté des différentes civilisations à laisser une trace durable. Les merveilles du monde moderne sont néanmoins confrontés à un enjeu différent : le tourisme de masse. Cela peut les fragilisées, et certains sites, comme le Machu Picchu, ont d'ores et déjà tenté de réduire l'impact touristique en limitant le nombre d'accès quotidien. Visiter ces lieux et voir de ses propres yeux leur véritable échelle et leur histoire est une expérience incroyable. Le plus important est de le faire dans le respect des lieux, afin qu'ils existent pendant encore longtemps.

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